la Biélorussie vue de Belgique

la Biélorussie vue de Belgique
Minsk craint une révolution à l'ukrainienne

photo:hier l'ukraine, demain la biélorussie!

La police a assiégé une association polonaise. Varsovie rappelle son ambassadeur.


Arrestations, harcèlement, répression: le régime biélorusse poursuit imperturbablement sa politique visant à faire taire toute voix contestataire - qu'elle soit politique, médiatique, syndicale ou associative - avant l'élection présidentielle de 2006.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la police a assiégé l'Association des Polonais du Belarus, qui compte quelque 20 000 membres au sein d'une minorité de 400 000 personnes dans un pays de 10 millions d'habitants. Dans la foulée, Varsovie a rappelé son ambassadeur de Minsk et réclamé l'aide de l'Union européenne. Ce nouveau rebondissement fait suite à plusieurs expulsions croisées de diplomates ces dernières semaines entre les deux voisins.

Révolution à l'ukrainienne

Les autorités biélorusses soupçonnent la Pologne d'utiliser l'association en question pour préparer une révolution à l'ukrainienne. Le Président autocrate, Alexandre Loukachenko, a encore accusé cette semaine l'Occident et principalement ses voisins polonais, lituanien et ukrainien de comploter en ce sens. Conséquence: la direction de l'Association a été décapitée et l'ancienne équipe, jugée favorable au régime, réinstallée, tandis que son vice-président et deux de ses membres ont été condamnés à des peines de dix à quinze jours de prison pour avoir organisé une manifestation non autorisée.

«Il faut que l'UE prenne des mesures décisives pour aider la Pologne à faire respecter par le régime du Belarus les droits de la minorité polonaise, le droit international et les traités bilatéraux», a déclaré le chef de la diplomatie à Varsovie. Pour sensibiliser l'Union, Adam Rotfeld, qui projette de «lancer le plus rapidement possible une radio indépendante biélorusse», devrait envoyer des lettres au Haut représentant Javier Solana, à la commissaire Benita Ferrero-Waldner et à son homologue britannique Jack Straw. Le Parlement polonais, de son côté, envisage de réclamer l'extension de l'interdiction de visas aux politiciens biélorusses, des sanctions économiques, l'accroissement du soutien aux ONG et la non-participation d'athlètes aux compétitions internationales.

Un vase de cristal

L'Union s'est pour le moment contentée d'exprimer son inquiétude et d'appeler Minsk au respect de la démocratie et des droits de l'homme, après s'être déjà déclarée, le 14 juin dernier, «particulièrement préoccupée par la répression grandissante des forces politiques de l'opposition, de la société civile, des syndicats et des médias indépendants». Ces actions constituent des «tentatives du régime pour éliminer des opposants potentiels du président Loukachenko en vue des prochaines élections présidentielles».
L'homme, qui se refuse «à confier à des mains irresponsables» le «vase de cristal limpide et fragile» que serait son pays, s'évertue à saper l'opposition pour garantir son pouvoir. Il ne prête aucune attention aux avertissements de l'Union européenne ni du Congrès américain, sachant que l'Occident a peu de prise sur un Etat habitué à vivre dans un semi-isolement économique et politique, et que la Russie ne l'abandonnera pas, même si la majorité de la communauté internationale le met à l'index.


Source: © La Libre Belgique 2005
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 17:41
Modifié le jeudi 15 septembre 2005 10:50

ce qu'il faut retenir de la semaine en bref

ce qu'il faut retenir de la semaine en bref
Ce qu'il faut retenir de la semaine, en bref.

La crise diplomatique entre la Pologne et la Biélorussie s'aggrave jour après jour. Après les explusions de diplomates, l'arrestation de journalistes indépendants, le refus de survol du territoire bélarusse pour un avion transportant une délégation officielle polonaise vers la Russie, on vient d'apprendre que la Pologne, qui évoque une crise majeure, a décidé de rappeller son ambassadeur.

Parallèlement, l'arrivée du nouvel ambassadeur russe à Minsk, Dmitry Ayatskov, a été reportée pour lui laisser le temps d'éclaircir la situation sur les relations entre les deux pays. Une polémique est récemment survenue suite aux propos du nouveau représentant de la fédération de Russie au Bélarus. Celui-ci, lors de son premier discours officiel, ne se serait pas montré aussi chaleureux que son prédécesseur vis à vis de la politique "durcissante" de Loukachenko


Source: © Association Paris-Minsk - 2004-2005



Dernière minute:
L'ambassadeur de Biélorussie en Pologne pourrait être proclamé persona non grata

VARSOVIE, 29 juillet
Il est possible que les relations biélorusso-polonaises évoluent de manière que "l'ambassadeur de Biélorussie soit proclamé persona non grata et obligé de quitter le pays", a déclaré à la chaîne polonaise TVN 24,M.Cimoszewicz( président de la chambre basse du parlement polonais ).


Source: correspondant Léonid Sviridov.
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 17:52
Modifié le jeudi 15 septembre 2005 11:02

Loukachenko durcit son bras de fer avec la Pologne et les occidentaux

Bélarus : Loukachenko durcit son bras de fer avec la Pologne et les occidentaux

Deux nouveaux responsables de l'association des Polonais du Bélarus ont été arrêtés mardi et un autre mercredi. Au total ce sont sept membres de cette association qui sont actuellement incarcérés. Pas de quoi rassurer sa présidente Angelica Borys. Son association est soupçonnée par les autorités de Minsk de servir de base arrière à un complot dirigé depuis Varsovie et destiné à renverser, selon le modèle ukrainien, le pouvoir du président Loukachenko.

La minorité polonaise qui constitue près d'un vingtième de la population du Bélarus, est l'objet, depuis dix jours, d'une franche hostilité de la part du pouvoir. L'Union européenne, les Etats-Unis, la Lituanie et la Létonie se sont joints aux protestations de Varsovie. La visite, lundi, du vice-président du parlement polonais à ses compatriotes du Bélarus n'a fait qu'accroître les tensions avec le président Alexandre Loukachenko.

A moins d'un an du scrutin présidentiel, ce dernier s'estime victime d'une campagne de déstabilisation orchestrée par les pays occidentaux. Washington a qualifié son régime de "dernière dictature d'Europe". La Pologne a rappelé son ambassadeur. Sa capitale, Varsovie, a été le théâtre la semaine passée de manifestations de protestation devant les grilles de la représentation diplomatique du Bélarus.
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 17:57
Modifié le mercredi 07 septembre 2005 18:58

Minsk s'opposera à tout voyage en Biélorussie d' "émissaires étrangers exacerbant les haines nationales"

Minsk s'opposera à tout voyage en Biélorussie d' "émissaires étrangers exacerbant les haines nationales"
La Biélorussie ferme ses frontières à une délégation d'eurodéputés polonais

VARSOVIE, 8 août - Les gardes-frontières biélorusses n'ont pas laissé passer en Biélorussie une délégation de quatre eurodéputés polonais conduite par le vice-président du Parlement européen, Jacek Saryusz-Wolski, a annoncé une radio polonaise.

M. Saryusz-Wolski, en charge de la politique du Parlement européen avec les pays de l'Europe de l'Est, était accompagné par les eurodéputés Bogdan Klich, Barbara Kudrycka et Boguslaw Sonik.

Les parlementaires avaient l'intention d'étudier la situation de la minorité polonaise en Biélorussie, de rencontrer des militants d'ONG ainsi que les leaders de l'opposition biélorusse. Une rencontre était notamment programmée avec des membres de l'Union des Polonais de Biélorussie (UPB) dans les locaux du consulat polonais à Grodno (nord-ouest).

Les relations se sont aggravées entre la Biélorussie et la Pologne après que le gouvernement biélorusse a proclamé illégitime l'élection des nouveaux dirigeants de l'UPB. En quelques mois, chacun des pays a expulsé trois diplomates, et la Pologne a rappelé son ambassadeur pour consultations.

Le vice-ministre biélorusse des Affaires étrangères, Alexandre Mikhnevitch, a déclaré la semaine passée que les activités des dirigeants de l'UPB élus en mars dernier visaient à déstabiliser la situation dans le pays. Il a souligné que Minsk avait plus d'une fois proposé à Varsovie un compromis pour régler ce conflit "tiré par les cheveux", notamment d'organiser des consultations et des rencontres pour résoudre les problèmes consulaires, d'examiner les différents aspects de la coopération transfrontalière et des contacts économiques, écologiques et culturels.


Source: Leonid Sviridov, RIA Novosti.
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 18:04
Modifié le jeudi 15 septembre 2005 11:44

Le professeur Youri Bandajevsky ...

Le professeur Youri Bandajevsky ...
Résumé de l'affaire:

Youri Bandajevsky, chercheur anatomo-pathologiste, est nommé en 1990 recteur de l'Institut de Gomel (Biélorussie) en zone contaminée. Il étudie les effets du césium 137 plus particulièrement sur les enfants. Avec sa femme pédiatre, il découvre une relation quantitative entre la dose de radioactivité dans l'organisme et la gravité de symptômes anormaux chez les enfants : problèmes cardiaques, vieillissement précoce, défenses immunitaires amoindries...

En 1999, il rend public ses résultats et critique la politique du Ministère de la Santé qui veut ignorer la contamination radioactive toujours présente dans le sol et la nourriture.

Son emprisonnement et le procès :

Le 13 juillet 1999, 15 policiers font une descente de nuit chez le Pr. Bandajevsky, fouillent sa maison de fond en comble ainsi que son laboratoire, s'emparent de son ordinateur, de ses livres, de ses archives, et l'emmènent sous le coup d'un « décret présidentiel contre le terrorisme ».

Il reste 6 mois en prison préventive. Il ne sort que sous la pression internationale, le 27 décembre 1999. Il apprend qu'en fait de terrorisme, il est accusé d'avoir reçu des pots-de-vin pour l'admission d'étudiants dans son Institut. Accusation dont on ne trouvera aucune preuve matérielle. Celui qui l'a chargé, le vice-président de l'Institut de Gomel, lui-même inculpé, se rétracte avant et au cours du procès, disant qu'il a agi sous la contrainte. Rien n'y fait.

Dans un procès où les observateurs de l'OSCE et Amnesty International ont pu dénoncer au moins 8 infractions au code en vigueur en Biélorussie, il est condamné à 8 ans de prison le 18 Juin 2001. Le scientifique comme l'homme ne comprend pas ce qui lui arrive. La tête dans ses recherches, il n'a manifestement pas eu conscience des forces politiques et économiques qu'il affrontait en révélant sa découverte.

Lors de sa première arrestation (juillet-décembre1999) sous le coup d'un décret antiterroriste, il a été torturé physiquement et psychologiquement. Hospitalisé d'urgence avec un double ulcère perforé, il avait perdu 20 kg en 20 jours. Il en est resté très marqué depuis!
Trois mois plus tard, sa femme découvre un homme brisé, physiquement et psychiquement qui ne s'intéresse plus à rien. La chambre en question fait partie de l'Hôpital de la prison et tout laisse penser à cette époque qu'il est sous l'effet de psychotropes. Galina Bandajevskaïa fait une démarche, le 6 septembre 2002, auprès du comité de défense des Droits de l'Homme de l'ONU, déjà saisi de l'affaire.

L'ambassadeur d'Allemagne et de France sont allés le visiter le 9 avril 2003, en exerçant une forte pression sur les autorités biélorusses. Ils l'ont trouvé en très mauvais état, avec des difficultés d'élocution.

Juillet 2003: C'est dans le même temps que le recours, déposé par l'avocat de Youri Bandajevsky devant le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU contre les irrégularités du procès, a été jugé « recevable ». Les autorités du Bélarus ont répondu de leur jugement en continuant de présenter Bandajevsky comme un « criminel»...

La relégation : actions auprès de l'ONU et auprès des autorités biélorusses :

Youri Bandajevsky, ayant bénéficié de deux amnisties générales qui réduisaient sa peine de 8 à 6 ans et ayant effectué la moitié de sa peine, avait droit, dès le 3 janvier 2004, d'aller en « relégation » pendant un an. La relégation, en Biélorussie, s'effectue dans des conditions proches du « goulag », avec travail forcé et assignation à résidence. La première destination qui lui avait été attribuée, en territoire contaminé, a été revue par les autorités elles-mêmes, conscientes sans doute qu'elles étaient comptables de la santé du prisonnier, devant une opinion publique de mieux en mieux informée!

Le 29 mai 2004, Youri Bandajevsky a été envoyé en « relégation », dans un lieu et dans des conditions nettement meilleures que celles envisagées en début d'année. À 200 km de Minsk, dans une zone « propre ». Il n'est pas au milieu de la colonie pénitentiaire, mais dans une maison à 30km, sous la surveillances d'un directeur du kolkhoze dont il est « gardien ». On ne lui demande pas de travail manuel. Il peut y recevoir sa famille, des amis étrangers, voire même des journalistes avec l'autorisation des autorités.

Après la relégation ...

Malgré cette avancée dans les conditions de sa relégation, la situation de Youri Bandajevsky reste très précaire : en juin, il a été menacé d'un retour à des conditions de « goulag », parce qu'une journaliste biélorusse s'était introduite chez lui sans autorisation et avant même qu'il ait expliqué à celle-ci les conditions auxquelles elle devait se soumettre.
Rien n'est acquis dans un pays où les droits les plus élémentaires ont été et continuent d'être bafoués.
Surtout, si rien ne vient modifier la situation de Youri Bandajevsky, après la relégation -sans doute fin décembre 2004- il sera en « liberté conditionnelle » de 2005 à 2007, sans pouvoir quitter le territoire. Contrainte à laquelle s'ajoute l'interdiction de diriger des travaux dans un organisme d'Etat jusqu'en 2012.Bref, l'homme sera libéré, mais le scientifique restera entravé dans sa recherche, sans aucun moyen de la mener à bien.

Tous ceux qui le soutiennent s'accordent sur ce point : c'est en tant que scientifique et pour le contenu de ses recherches qu'il a été mis en prison, de manière illégitime et illégale. Le procès, avec ses irrégularités, a permis de le mettre hors de la communauté scientifique, en jetant à la fois le soupçon sur l'homme et en détruisant la plus grande partie de ses données scientifiques. C'est pourquoi nous devons tout faire pour l'aider à réintégrer cette communauté scientifique, et en particulier obtenir qu'il ait une totale liberté de circulation dès la fin de sa relégation. Seule, une mobilisation des scientifiques au niveau international, jointe à celle des politiques et des citoyens pourra nous permettre d'atteindre ces nouveaux objectifs pour lesquels il nous faut trouver les modalités d'action.

Les conditions de vie dans son village de relégation sont actuellement très rudes : -26, un poêle qui ne marche pas. L'eau qui gêle dans sa masure. S'y ajoutent de nouvelles contraintes : l'obligation qu'un membre de sa famille réside avec lui. Galina a réagi en écrivant une lettre à Loukachenko et aux différentes autorités qui ont en charge le sort de son mari.


source: www.comite-bandajevsky.org

Il est toujours aussi important d'écrire au Professeur Youri Bandajevsky

Youri Bandazhevsky
Ul.Shugaeva,3-1, kv.454
220141 MINSK
BELARUS
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# Posté le mercredi 07 septembre 2005 18:09