Les internautes biélorusses soupçonnent le régime d'exercer un contrôle strict sur les connexions via la procédure de "certification" de tout modem mis en utilisation. Cette procédure de vérification du matériel, exigée par le ministère des Communications, dure au minimum une semaine. L'Etat exerce un monopole sans partage à travers Beltelekom, le principal opérateur public. Si plusieurs fournisseurs d'accès privés sont apparus, tels Global one, filiale de l'opérateur américain Sprint, ou Open Contact, ils sont, en réalité, relayés par Belpak (la division Internet de Beltelekom). Pour obtenir une licence, il est nécessaire de s'engager à utiliser le réseau Beltelekom, d'accepter des "inspections techniques" impromptues des inspecteurs du ministère des Communications et de lui fournir chaque année la liste de ses abonnés. Les providers s'engagent par ailleurs à ne pas échanger de trafic les uns avec les autres. Les sites d'informations indépendants ne font l'objet d'aucune censure. Probablement parce que l'audience d'Internet est encore limitée en Biélorussie. Le 22 mai 2002, le Parlement a fini par rejeter un projet de loi sur la "sécurité de l'information", dénoncé par l'Association des journalistes biélorusses (BAJ) comme renforçant le contrôle des autorités sur le contenu et la circulation de l'information. Le 5 novembre, la police a interrogé Iulia Doroshevich et Andrey Pachobut, deux journalistes du quotidien Pagonya, interdit en 2001, au sujet de la version Internet de la publication, toujours accessible. Le rédacteur en chef de Pagonya et un de ses journalistes ont purgé, de septembre 2002 à mars 2003, des peines de travaux forcés pour avoir "insulté" le président Loukachenko dans un article.